Les actes conscients : vivre ici, maintenant
Cette attitude active qu’est la réceptivité s’applique aussi aux gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne. Ils deviennent alors des « actes conscients », autre pilier de la méthode Vittoz.
Avoir conscience d’un acte, ce n’est pas le penser mais le sentir [1], disait le Dr Vittoz. C’est décider de sortir un geste du brouillard de l’automatisme.
Vous pouvez faire votre toilette en pensant à autre chose. Mais vous pouvez aussi choisir d’accueillir le bruit de l’eau, sa température, l’odeur du savon, les mouvements de votre corps. De même, quand vous ouvrez votre fenêtre, vous pouvez décider que, l’espace d’un instant, seul ce geste compte : la poignée dans votre main, le bruit de la fenêtre, l’étirement de vos bras, l’air sur votre visage, les bruits de la rue ce matin-là. Ce n’est pas la fenêtre qui a de l’intérêt, mais l’attention que vous exercez et le calme intérieur qui en découle.
L’acte conscient se déroule en trois temps : il est d’abord décidé, puis senti, et enfin vérifié. Lorsque l’intention, la décision et l’action s’accordent, naît une sensation d’unité, de calme, de présence. Si ce résultat n’apparaît pas, c’est que l’acte a été pensé plutôt que senti.
Chaque instant peut devenir conscient : la respiration, la marche, la voix, le repas, les gestes les plus simples. Le quotidien lui-même devient terrain d’entraînement.
En vivant dans la sensation des actes conscients, vous apprenez à habiter le moment présent : moins de retours sur le passé, moins de doute, moins d’anticipation anxieuse de l’avenir. Cette expérience procure un sentiment de tranquillité et de sécurité. La pratique des actes conscients suffit parfois à apaiser un état de déséquilibre nerveux. Et si une période de stress vient à nouveau désorganiser cet équilibre, il suffit de reprendre une pratique régulière pour que la situation se rétablisse. Tout apprentissage reste acquis.
[1] Notes et pensées, Éditions DDB
