Rééduquer le fonctionnement de son cerveau

Le Dr Vittoz discernait une constante chez tous les malades qui souffraient de troubles nerveux : le manque ou l’instabilité du « contrôle cérébral ».

La « Rééducation du contrôle cérébral »

Comment peut-on définir ce contrôle ?

Le contrôle, c’est cette capacité cérébrale innée que nous possédons tous, faite d’une balance équilibrée entre les influx nerveux de la réceptivité et ceux de l’émissivité, qui nous permet de maîtriser suffisamment notre flux mental au lieu d’en être dépendant.

La réceptivité est la capacité que nous avons de recevoir les messages du monde extérieur et ceux de notre corps.

L’émissivité est la faculté que nous avons d’émettre constamment des pensées, des paroles, des gestes, des images, etc.

Pour retrouver une émissivité fluide, souple, contrôlée, il est nécessaire de savoir d’abord recevoir avec exactitude les informations entrantes avec justesse, ce qui aboutit à la juste mise au point de nos actes, de nos sensations et de nos idées.

Chez la personne « normale », ce contrôle cérébral est habituel, automatique : spontanément, elle prend le temps de sentir ce qu’elle fait, de sentir le monde environnant et, en retour, elle peut penser et agir de façon harmonieuse. C’est, dirait-on, une « personne équilibrée ». Elle conduit ses actes jusqu’à leur terme, entre souplement en relation avec autrui, ressent ses émotions sans se laisser envahir, sans excès. Elle prend ses décisions, le moment venu, avec simplicité.

En revanche, chez une personne dont le contrôle cérébral est insuffisant, la réceptivité devenue trop fugace, tend à disparaître et laisse la place à une émissivité chaotique, sans gouvernail, qui tourne à vide et envahit tout le champ de conscience : les pensées sont multiples et incohérentes.

La personne se sent agitée, dispersée, commence plusieurs choses à la fois sans en finir aucune, se laisse déborder par ses préoccupations, n’arrive plus à prendre de décisions de façon sereine ; des angoisses peuvent l’envahir, et l’amener à déformer systématiquement et douloureusement ce qui lui est dit.

Cette absence de stabilité intérieure est dommageable pour l’estime de soi, épuisante nerveusement et laisse toute la place aux problématiques affectives du passé, recyclées indéfiniment, sans distanciation. Et nous voilà dans le cercle vicieux du mal-être !

Des symptômes douloureux peuvent apparaître,

  • de type neurovégétatif peuvent apparaître : palpitations, spasmes, troubles du système circulatoire, digestif, génital, douleurs…
    ou
  • de type psychique : faiblesse de la concentration, difficultés de mémoire, doute, anxiété,
    tous symptômes qui sont, d’après le Dr Vittoz, la conséquence d’un défaut d’équilibre entre l’émissivité et la réceptivité.

L’approche du Dr Vittoz est essentiellement pragmatique ; il a peu théorisé.

Sa méthoe est constituée d’un ensemble d’exercices élaborés de façon intuitive et validés dans le cadre de sa pratique. Le bon sens de ses observations, et son insistance féconde sur le retour au corps et à la réceptivité sensorielle, ont influencé nombre de thérapies actuelles.